Les aînés et les ITS : parlons-en

À tous les âges de la vie adulte, les rapports intimes prennent une place importante dans la vie des gens. Et quoi qu’on pense, des études montrent que les aînés ont une vie sexuelle active pendant un bon nombre d’années. Malheureusement, qui dit activité sexuelle dit aussi, parfois, infections transmissibles sexuellement (ITS), et celles-ci constituent un problème croissant chez les personnes âgées.

Aux États-Unis, l’organisme gouvernemental de lutte contre les maladies appelé Center for Disease Control and Prevention (CDC) signale une augmentation importante des ITS chez les personnes de 65 ans et plus. De 2011 à 2014, on a observé une augmentation de 52 % des cas de chlamydia, de 65 % pour la syphilis et de plus de 90 % pour la blennorragie (gonorrhée)!

Comment expliquer cette augmentation soudaine?

On explique cette hausse importante par l’accroissement de l’espérance de vie. Plus les gens vivent longtemps, plus longtemps ils demeurent sexuellement actifs, forcément. Une étude du New England Journal of Medicine a montré qu’environ 53 % des personnes de plus de 65 ans qui avaient été interrogées affirmaient qu’elles étaient toujours sexuellement actives.

De plus, étant donné qu’une bonne partie des aînés d’aujourd’hui ont atteint l’âge adulte au cours de la révolution sexuelle des années 1960 et 1970 – une époque à laquelle les contraceptifs oraux étaient déjà sur le marché –, ils sont peu habitués à l’usage du condom. Des Américains ont récemment mené une grande étude nationale complète au sujet de la santé et des habitudes sexuelles de leurs compatriotes. Selon cette enquête, les personnes âgées formeraient le groupe d’âge qui utilise le moins fréquemment le condom. Elles ont aussi eu peu – ou pas – reçu d’éducation sexuelle au cours de leur vie, ce qui les prive de certaines connaissances au sujet des rapports sexuels sans danger.

Que puis-je faire?

Certaines organisations (comme l’Agence de la santé publique du Canada) s’efforcent d’aider les intervenants communautaires, les professionnels de la santé et d’autres gens qui œuvrent auprès des aînés afin de leur fournir des ressources éducatives destinées à sensibiliser les aînés et à limiter la propagation des ITS. Cela dit, en fin de compte, c’est à vous, en tant qu’aidant, que revient le rôle d’instaurer une conversation à ce sujet.

Si votre proche fait des rencontres ou cherche l’âme sœur, il est important de lui parler du sexe sans risque et des façons de se protéger. Oui, ça peut être une conversation un peu gênante, mais elle devient nécessaire si on tient compte du faible système immunitaire des aînés et des complications que les ITS sont susceptibles de provoquer par rapport à d’autres maladies déjà présentes.

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